Entorse de la Cheville

 

 

L’entorse de cheville, blessure la plus récurrente chez le pratiquant d’activités physiques et sportives ? Sans nul doute puisqu'elle représente entre 10 et 15% des traumatismes des sportifs.

 

L’entorse de cheville est, initialement, une blessure ligamentaire et l’on considère donc trois stades de l’entorse (bénigne, moyenne ou grave), dont les causes peuvent  être diverses et variées : mauvaise réception de saut (sur le pied d’un autre joueur, un classique du basketteur), appui instable dans la course (notamment dans les pratiques en extérieur : foot, rugby, trail), chute (de cheval, en escalade), etc.

 

 

Un peu d'anatomie

 

 

 

La cheville est une articulation complexe : de par son organisation (les deux malléoles, interne et externe, encadrant  l’astragale et le calcaneum), elle est stabilisée à la fois par la présence des malléoles (interne et externe) mais également par le tendon (d’Achille) et par un système de ligaments, dont nous simplifierons l’organisation en parlant de ligament latéral interne et externe (LLI et LLE), chacun d’entre eux étant répartis en faisceaux antérieur, moyen et postérieur.

 

C’est cette complexité qui permet à la cheville de disposer d’une grande mobilité articulaire : elle est en effet capable de flexion (la pointe de pied vers le tibia), d’extension (la pointe de pied s’éloigne), d’adduction (pointe de pied vers l’intérieur) ou d’abduction, voire de la combinaison de deux de ces mouvements (on parle alors d’éversion et d’inversion).

 

Enfin, il est important de se rappeler que plusieurs muscles trouvent leurs insertions aux pourtours de la cheville, notamment les mollets (ou « triceps sural », constitué des gastrocnémiens et du soléaire) et le tibial antérieur, qui participent donc à la stabilité de la cheville.

 

La cheville, une articulation de grande mobilité !

 

 

Quelles formes d'entorses de chevilles ?

 

Qui dit grande mobilité, dit également multiplication des risques : en effet, il est alors possible que la cheville aille dans des amplitudes extrêmes, et donc à la blessure, dans divers plans, en fonction des faiblesses de l’individu mais aussi et surtout des modalités de sa pratique sportive.

 

Il s’avère que la majorité des entorses de cheville sont des entorses externes, signifiant que le pied a tourné vers l’extérieur (on parle alors d’hyper-inversion du pied).

 

L’entorse interne est également possible, mais bien plus rare (Moins de 10% des cas) : aussi, nous nous concentrerons sur la première, les informations à son sujet pouvant être conservées pour la seconde.

 

 

 

Impact Anatomique de l'entorse

 

Selon la gravité de l’entorse, les dégâts ne sont pas semblables :

  • Entorse bénigne:  « Simple » distension des ligaments
  • Entorse moyenne Rupture du faisceau ligamentaire antérieur, rupture de la capsule articulaire
  • Entorse grave Entorse moyenne + rupture du faisceau moyen voire du postérieur également. Possibles lésions osseuses (arrachement, etc.)

 

 

 

Critères de gravité d'une entorse de cheville

 

 

Les professeurs Chanussot & Danowski proposent 14 critères qui permettent d’évaluer la gravité d’une entorse de cheville. Nous vous en présentons quelques-uns :

  • L’importance du traumatisme (chute tout seul ? Depuis une hauteur importante ? etc.)
  • Le ressenti du blessé : craquement, sensation de déchirure, impression de déboîtement
  • Apparition proche de l’accident d’un « œuf de pigeon » sous la malléole externe
  • Ecchymose globale de la cheville
  • Œdème généralisé
  • Insomnie la nuit suivante
  • Incapacité à poser le pied (note : 1 cas sur 2 laisse la possibilité de marcher « normalement » au sujet. Cet argument n’est donc pas fiable à 100%)
  • Douleurs à la mobilisation par une tierce personne

 

 

 

Protocole après la blessure

 

L’entorse de cheville nécessite, à notre sens, la même méthodologie que les autres blessures ligamentaires :

  1. Mise en place rapide du Protocole POLICE 
  2. Consultation du corps médical : vérification du niveau de gravité de l’entorse
  3. Gestion adaptée

 

Lorsque nous parlons de « Gestion Adaptée », comprenez que l’on n’intervient pas de la même façon sur un ligament distendu que sur un ligament totalement détruit.

 

  • Entorse bénigne: Strap limitant l’inversion du pied, cryothérapie et électrothérapie. Durée : 1 à 10 jours

 

  • Entorse moyenne: Attelle empêchant les mouvements latéraux mais permettant la flexion-extension du pied. Cryothérapie & électrothérapie, kinésithérapie adaptée. Durée : 10 à 21 jours, marche dès l’absence de douleur

 

  • Entorse grave: Traitement orthopédique (immobilisation totale 45 jours dont 10 sans appuis) OU traitement chirurgical (immobilisation totale 45 jours dont 21 sans appuis).

 

A cette « Gestion adaptée » viendra évidemment s’ajouter, et ce, pour tous les stades, un passage OBLIGATOIRE par un protocole de réathlétisation, plus ou moins long, fonction de la gravité de la blessure avant de pouvoir retrouver une pratique terrain « classique ».

 

 

 

Facteurs aggravants ou limitants de l'entorse de cheville

 

Un certain nombre de caractéristiques de l’individu peuvent être aggravant ou bien au contraire limiter à la fois le risque et la gravité d’une éventuelle entorse de la cheville :

 

- La laxité de la cheville

- Une grande différence de force entre muscles fléchisseurs et extenseurs

- Une foulée en butée

 

+ Une grande force du tibial antérieur

+ De bonnes qualités d’équilibre & de course du sportif

+ De bonnes qualités proprioceptives

 

 

 

 

 

« La capacité de se remettre d'une blessure ne dépend pas de sa gravité,

mais de notre capacité à l'accepter » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources

https://sites.google.com/site/epcicurom/pathologie/entorse

http://togi-sante.blogspot.fr/2014_02_01_archive.html?view=classic

Traumatologie du sport, éd. Elsevier Masson, 8e édition, 2012, par J-C Chanussot & R-G Danowski